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Le voyage · Domaine public

Charleroi

Paul Verlaine (1844-1896)

Domaine public. Texte de Paul Verlaine (1844-1896), publié en 1874 dans Romances sans paroles, « Paysages belges ». Transcription Wikisource.

Dans l’herbe noireLes Kobolds vont.Le vent profondPleure, on veut croire.

Quoi donc se sent ?L’avoine siffle.Un buisson gifleL’œil au passant.

Plutôt des bougesQue des maisons.Quels horizonsDe forges rouges !

On sent donc quoi ?Des gares tonnent,Les yeux s’étonnent,Où Charleroi ?

Parfums sinistres !Qu’est-ce que c’est ?Quoi bruissaitComme des sistres ?

Sites brutaux !Oh ! votre haleine,Sueur humaine,Cris des métaux !

Dans l’herbe noireLes Kobolds vont.Le vent profondPleure, on veut croire.

Notice

Même série, même train, mais la traversée du pays noir : le paysage arrive par fragments que le voyageur n'a pas le temps d'identifier — « Des gares tonnent, les yeux s'étonnent, où Charleroi ? ». Le poème est bâti sur des vers de quatre syllabes, à la cadence du roulement.

Les autres poèmes de l'anthologie

Sources

  • Paul Verlaine, Romances sans paroles, « Paysages belges », 1874.
  • Édition numérisée citée : Œuvres complètes, tome I, Léon Vanier, 1902.
  • Texte relevé sur Wikisource le 3 septembre 2026 — version exacte citée.
  • Œuvre dans le domaine public : Paul Verlaine (1844-1896).