Lampisterie
Franc-Nohain (1872-1934)
Domaine public. Texte de Franc-Nohain (1872-1934), publié en 1900 dans Les Chansons des trains et des gares. Transcription Wikisource.
La lampisterie est cet endroit plein de silence,Où sont les lampes,Où, dans les huiles et les pétroles,Les mèches trempent,Les mèches molles, —
Lampisterie, endroit obscur où sont les lampes.
Et le lampiste coule là,Coule des jours monotones et sans éclat,Sans gloire, sans smart : — en général,Le lampiste s’habille mal,Et les occasions sont rares,(Peut-être le premierJanvier ?)Bien rares où le chef de gareSerre sa main, sa main loyale,Mais sale.
Mais le lampiste est un modeste,Qu’inquiètent peu les égards :Il se fiche du tiers, du quart,Et du ziste comme du zeste, —Pourvu que les lampes lui restent.
Il ne demande même pas à monter en grade :Tout au plus, parfois, songe-t-ilQue, s’il avait des appointements comme Rothschild,Peut-être mettrait-il une autre huileQue celle de l’administration, dans sa salade…(Et puis, au fond,C’est encore une affaire d’appréciation.)
Lampisterie, endroit plein d’ombre et de silence, où trempeLa salade du lampiste, dans l’huile des lampes.
Notice
Le lampiste entretenait les lampes à huile des voitures et des signaux ; l'électrification a supprimé le métier, et la langue n'a gardé que l'expression « c'est toujours le lampiste qui trinque ». Le poème le prend au sérieux avant que le mot ne devienne une insulte, et referme sur la salade et l'huile de l'administration.
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Sources
- Franc-Nohain, Les Chansons des trains et des gares, La Revue blanche, 1900.
- Texte relevé sur Wikisource le 3 septembre 2026 — version exacte citée.
- Œuvre dans le domaine public : Franc-Nohain (1872-1934).