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La fin · Domaine public

La dernière ronde

Franc-Nohain (1872-1934)

Domaine public. Texte de Franc-Nohain (1872-1934), publié en 1900 dans Les Chansons des trains et des gares. Transcription Wikisource.

Nous n’irons plus aux gares,Tous les trains sont coupés :Il s’est bien rattrapé,Le syndicat Guérard !Orléans, Saint-LazareEt la gare du Nord,Et Montparnasse encor,Lyon, l’Est, et Sceaux même,

Nous n’irons plus aux gares,Tous les trains sont coupés…Ah ! que Dieu nous pardonne !Qu’est-ce que nous ferons :Restera la maison, —(Femme, enfants, et la bonne) !… —Ne plus prendre le train,Reprendre le train-train,De la vie monotone…Comme le temps me dureDe la grande ceinture !Allons plutôt à piéJusques à Saint-Mandé…

Et l’on vendra les railsÀ la vieille ferraille,Et l’on prendra les disquesPour jouer aux oubliesÀ un sou la partie :— Tâche d’en gagner dix !… —

Nous n’irons plus aux gares,Tous les trains sont coupés :La belle que voilàIra les ramasser. —

La belle qui ramasseLes trains à bout de bras,Qui vous épouseraNe manque pas d’audace !…

Ne manque pas d’audace,Et même de santé,(Tu parles !…) ;Je sais que, pour ma part,J’aime mieux m’en aller :Bonsoir, belle ! et bonsoirToute la société !…

Nous n’irons plus aux gares…

Notice

Écrit sous la menace des grèves de cheminots de la fin du siècle — le « syndicat Guérard » est la chambre syndicale des ouvriers et employés des chemins de fer, fondée en 1890 — le poème imagine les gares parisiennes éteintes et les rails vendus à la ferraille. C'est, sur le ton de la comptine, la scène qui se produira pour de bon sur des milliers de kilomètres de lignes secondaires.

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Sources

  • Franc-Nohain, Les Chansons des trains et des gares, La Revue blanche, 1900.
  • Texte relevé sur Wikisource le 3 septembre 2026 — version exacte citée.
  • Œuvre dans le domaine public : Franc-Nohain (1872-1934).