Malines
Paul Verlaine (1844-1896)
Domaine public. Texte de Paul Verlaine (1844-1896), publié en 1874 dans Romances sans paroles, « Paysages belges ». Transcription Wikisource.
Vers les prés le vent cherche noiseAux girouettes, détail finDu château de quelque échevin,Rouge de brique et bleu d’ardoise,Vers les prés clairs, les prés sans fin…
Comme les arbres des féeries,Des frênes, vagues frondaisons,Échelonnent mille horizonsÀ ce Sahara de prairies,Trèfle, luzerne et blancs gazons.
Les wagons filent en silenceParmi ces sites apaisés.Dormez, les vaches ! Reposez,Doux taureaux de la plaine immense,Sous vos cieux à peine irisés !
Le train glisse sans un murmure,Chaque wagon est un salonOù l’on cause bas et d’où l’onAime à loisir cette nature.Faite à souhait pour Fénelon.
Notice
Verlaine écrit les « Paysages belges » en 1872, pendant sa fuite avec Rimbaud, et il les écrit depuis le train : ici le paysage défile derrière la vitre, les wagons filent en silence, et le compartiment devient un salon d'où l'on regarde la plaine. C'est l'un des premiers poèmes français dont le point de vue est celui d'un voyageur assis dans une voiture en marche.
Les autres poèmes de l'anthologie
Sources
- Paul Verlaine, Romances sans paroles, « Paysages belges », 1874.
- Édition numérisée citée : Œuvres complètes, tome I, Léon Vanier, 1902.
- Texte relevé sur Wikisource le 3 septembre 2026 — version exacte citée.
- Œuvre dans le domaine public : Paul Verlaine (1844-1896).