Le temps des bouillottes
Franc-Nohain (1872-1934)
Domaine public. Texte de Franc-Nohain (1872-1934), publié en 1900 dans Les Chansons des trains et des gares. Transcription Wikisource.
Il est revenu, le temps des bouillottes,Le temps des frimas,Des pieds qui grelottent :Encore une année qui s’en va,Ah ! ça ne nous rajeunit pas…Il est revenu, le temps des bouillottes.
Dans des couvertures de laine,— Hygiène ! —Dans des couvertures pareillesÀ des douillettes,Nous nous envelopperons des pieds à tête,Et nous rabattrons notre casquette,Soigneusement, sur nos deux oreilles.
Et nous ne nous ferons pas faute,Car on ne prend jamais trop de précautions,De prendre en outre quelque choseDont notre estomac se réchauffe,Aux stations :— Bouillons, — bouillottes, —Bouillottes, — bouillons.
Que si maintenant notre botteFrileuse frôle la bottineDe notre mignonne voisine,Que personne ne s’en chagrine :C’est le vrai jeu de la bouillotte ;
Chères confidences des souliers,Entre deux gares roman d’une heure,(C’était peut-être le bonheur…) —Et si l’hiver est dans nos pieds,Le printemps germait dans nos cœurs…
Il est revenu le temps des bouillottesLe temps des frimas,Des pieds qui grelottent :Encore une année qui s’en va, —Mais nos cœurs ne vieillissent pas…
Il peut revenir le temps des bouillottes.
Notice
Avant la généralisation du chauffage à la vapeur, on glissait sous ses pieds des bouillottes métalliques louées en gare et rechargées aux arrêts — d'où le jeu du poème entre bouillottes et bouillons. Le froid des compartiments d'hiver y devient un prétexte de voisinage.
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Sources
- Franc-Nohain, Les Chansons des trains et des gares, La Revue blanche, 1900.
- Texte relevé sur Wikisource le 3 septembre 2026 — version exacte citée.
- Œuvre dans le domaine public : Franc-Nohain (1872-1934).